Pourquoi votre home eCommerce doit avoir moins de blocs, pas plus
Je viens de bosser sur la refonte d’une marque de prêt-à-porter. À la base, un positionnement équestre, en train de se repositionner vers du prêt-à-porter grand public. Et comme souvent, la première version de la home faisait trois kilomètres de long. Un bloc catégories, un bloc nouveautés, un bloc édito, un formulaire newsletter, une capture email, un club WhatsApp, encore un formulaire plus bas, encore des produits. Tu scrolles, tu scrolles, tu scrolles.
Le truc, c’est que personne va au bout. Les home pages à rallonge, en général, ça ne performe pas. Plus tu descends, moins les gens voient. C’est aussi bête que ça. Et pourtant je vois encore des marques qui pensent que remplir la home avec un maximum de contenu, c’est mieux. C’est l’inverse.
Ta home a un seul job, aiguiller vers les collections
Il y a une confusion de départ chez pas mal de marques. Elles voient la home comme la vitrine où on doit tout montrer. Toutes les catégories, toutes les nouveautés, tous les arguments, tous les canaux de capture. Comme si le client allait tout consommer d’un coup.
Sauf que non. Le but d’une home, c’est d’envoyer vers les pages collections. Et le but des pages collections, c’est de renvoyer vers les fiches produits. Voilà. C’est un entonnoir. Chaque bloc doit pousser vers la couche du dessous. La home, c’est un panneau indicateur. Elle dit « va par là » et « va par ici », elle ne fait pas le taf des pages en dessous.
Quand tu comprends ça, tout devient plus simple. Tu arrêtes de te demander « qu’est-ce que je peux ajouter » et tu commences à te demander « qu’est-ce que je peux enlever ». Et honnêtement, tout ce qui peut être supprimé doit être supprimé.
Chaque scroll te coûte des visiteurs
Sur ce projet, on a gardé une règle simple. Sur les 60% premiers de la home, on garde une immersion forte via les images. C’est là que tout se joue, le client se fait son avis sur la marque, sur l’esthétisme, sur si c’est pour lui ou pas. Tout ce qui arrive après ces 60%, tu peux considérer que la moitié des visiteurs ne le verra jamais.
Du coup pourquoi tu mettrais ton bloc le plus important tout en bas ? Ça n’a aucun sens. Et pourtant je le vois tout le temps.
Plus tu multiplies les formulaires, moins tu récupères d'emails
Sur la première version du site, il y avait de la capture email à trois ou quatre endroits différents. Newsletter en haut, popup, club WhatsApp au milieu, encore un formulaire dans le footer. L’idée, c’était de maximiser les points de capture. Résultat, une page lourde et confuse, qui casse l’homogénéité.
Ce qu’on a fait, c’est de trancher. Un seul canal de capture. Sur cette marque, le club WhatsApp avait un bon taux d’inscription, donc on a misé là-dessus. Si le WhatsApp avait déçu, on aurait gardé la newsletter. Mais un seul. Pas les deux qui se marchent dessus.
Le cas du bloc édito qui capture zéro
Il y avait aussi ce qu’on appelait le « data diary », un bloc édito posé sur la home avec une capture email dedans. Sur le papier, joli concept. Dans les chiffres, il n’y avait pas grand monde qui s’inscrivait via ça. Personne ne vient sur une home pour lire un édito et laisser son email.
Décision, on l’enlève de la home. Mais on ne le jette pas. On le fait vivre à côté, comme un blog, un espace édito à part entière. C’est beaucoup plus logique. Un contenu de fond, tu le mets dans un endroit dédié. Le coincer entre tes best-sellers et ton footer, ça n’a pas de sens.
Une base simple : 4 blocs
Au final, la home condensée qu’on a construite tient sur 4 blocs. Je te la partage parce que c’est une base qui marche bien sur du prêt-à-porter, et ça se transpose facilement sur d’autres secteurs.
En haut, 4 grandes catégories, pas 15. Tu forces le client à choisir une direction claire dès le début, c’est ton premier renvoi vers les pages collections. Juste après, un bloc signature de marque, l’ADN, l’identité visuelle, ce qui fait que le client sent la marque, avec de belles images plein cadre pour ancrer ton imaginaire. Ensuite le club WhatsApp, un seul canal de capture, bien mis en avant, une fois, pas trois popups. Et pour finir un flux de nouveautés propre, pour donner envie de rentrer dans le catalogue.
Et c’est tout. Le reste, tu le pousses vers les pages qui sont faites pour ça. La nouveauté par exemple, franchement, quelqu’un qui ne te connaît pas s’en fout de ta nouveauté. Toi, tu veux qu’il voie tes best-sellers et qu’il craque sur la marque. La nouveauté, tu la pousses plutôt sur les clients qui te connaissent déjà, via ton CRM.
L'homogénéité, c'est ce qui fait qu'un site a l'air cheap ou pas
Un truc dont on parle peu mais qui change tout, la cohérence entre les blocs. C’est souvent ce qui fait la différence entre un site qui fait cheap et un site qui fait luxe.
Deux règles que j’applique systématiquement.
D’abord, garder un espacement identique entre toutes les photos du site. Même padding partout, sur la home, sur la page collection, sur la landing de lancement. Ça paraît idiot, mais un site où les espacements dansent d’un bloc à l’autre, ça se ressent tout de suite, même si le visiteur ne saurait pas dire pourquoi.
Ensuite, ne pas déplacer les CTA. Une fois le bouton au milieu, une fois à gauche, une fois à droite. Chaque fois que tu déplaces le CTA, tu obliges l’œil du client à le chercher. Tu casses l’imaginaire de navigation qu’il est en train de se construire. Reste constant. Le client apprend où cliquer en trois secondes et tu ne changes plus les règles.
La seule fois où je casse volontairement le rythme, c’est sur un bloc édito. Le passer à droite plutôt qu’à gauche, ça fait plus magazine, ça respire. Mais c’est un choix assumé pour un effet précis, pas un accident de mise en page.
Pour un esprit luxe, allège
Sur cette marque en repositionnement, on voulait garder un esprit premium. Et pour un esprit luxe, il faut savoir enlever des blocs. Recentrer sur les visuels, virer le superflu. Une marque de luxe, ça se voit surtout à tout ce qu’elle n’a pas mis sur sa home.
Donc la prochaine fois que tu regardes ta home, ne te demande pas ce que tu peux rajouter. Prends chaque bloc un par un et demande-toi s’il envoie vraiment le client vers une collection ou une fiche produit. Si la réponse est non, tu peux probablement le virer. Et ta home ira mieux sans lui.
FAQ
Combien de blocs mettre sur une home eCommerce ?
Pas de chiffre magique, mais vise 4 blocs qui bossent vraiment : catégories principales, signature de marque, un canal de capture, nouveautés. Le reste, tu le pousses vers les pages collections. Une home à rallonge ne performe pas, plus tu descends moins les gens voient.
Faut-il mettre plusieurs formulaires de capture email sur la home ?
Non. Empiler newsletter, popup et WhatsApp à quatre endroits, c’est lourd et ça casse l’homogénéité. Garde un seul canal, celui qui a le meilleur taux d’inscription. Si le WhatsApp marche bien chez toi, mise dessus et laisse tomber le reste.
Où placer les nouveautés sur ma page d’accueil ?
Plus bas, et surtout pousse-les vers tes clients existants via ton CRM. Quelqu’un qui ne te connaît pas se fiche de ta nouveauté, il faut qu’il voie tes best-sellers pour craquer sur la marque. La nouveauté, c’est pour ceux qui te connaissent déjà.
Pourquoi ne pas mettre mon contenu édito sur la home ?
Parce que personne ne vient sur une home pour lire un édito et laisser son email, les chiffres de capture sont faibles. Sors-le de la home et fais-le vivre comme un blog à part. Tu gardes le contenu, tu le mets juste au bon endroit.
Comment garder une home cohérente visuellement ?
Deux règles simples : même espacement entre toutes les photos sur tout le site, et ne déplace jamais tes CTA. Un bouton une fois au milieu, une fois à gauche, une fois à droite, ça casse l’imaginaire de navigation et complexifie la lecture.