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Payer plus de trafic ne sauvera jamais une marque qui convertit à 0,4%

Augmenter le budget pub sur un site qui convertit à 0,4% revient à payer plus pour perdre plus de monde. Avec un CPA de 148€ qui mange presque les 176€ de marge, la seule issue est le post-clic. Passer de 0,4 à 0,8% double le CA à trafic égal, sans un euro de pub en plus.

Auteur
Axel Corton
Thème
eCommerce
Date
Lecture
6 min
Payer plus de trafic ne sauvera jamais une marque qui convertit à 0,4%

À retenir

  • À 0,4% de conversion, 4 personnes sur 1000 achètent et 996 repartent.
  • Au checkout, 2 personnes sur 3 abandonnaient, soit 66% de perte au paiement.
  • CPA à 148€ pour 176€ de marge par commande, COS à 20% du CA net.
  • Passer de 0,4 à 0,8% de conversion double le CA à trafic et budget égaux.
  • Site en anglais alors que 62% des commandes Île-de-France venaient de la région sur 90 jours.

On a récupéré un compte il y a quelques mois, une marque de prêt-à-porter urbain. Le brief du client était simple, il voulait qu'on dépense plus en acquisition parce que les ventes stagnaient. Première chose que je regarde quand on me dit ça, c'est jamais le budget pub. C'est le taux de conversion du site.

Là, il était à 0,4%. 0,43% sur la dernière période, 1,3% sur celle d'avant. Autant te dire que le problème n'était pas le trafic.

0,4% de conversion, concrètement 4 acheteurs sur 1000

Quand tu convertis à 0,4%, ça veut dire que sur 1000 personnes qui arrivent sur ton site, 4 achètent. Quatre. Les 996 autres repartent.

La règle que j'utilise pour expliquer ça à mes clients, c'est qu'on perd grosso modo la moitié des gens à chaque étape. 10% ajoutent au panier, 5% arrivent au checkout, 2,5% convertissent. C'est pas une science exacte, mais ça donne un ordre de grandeur. Et là, sur ce compte, on était largement en dessous partout.

Le pire c'était le checkout. 2 personnes sur 3 qui arrivaient jusqu'à la page de paiement abandonnaient. 66% de perte au moment où le gars a sorti sa carte bleue. C'est énorme. Ces gens-là, ils voulaient acheter. Ils sont arrivés jusqu'au bout du funnel et quelque chose les a fait fuir.

Maintenant, imagine que tu balances plus de budget pub là-dessus. Tu ramènes plus de trafic sur un site qui laisse fuir 996 personnes sur 1000. Tu fais quoi ? Tu passes à 998 sur 1002. Tu dépenses plus pour perdre plus de monde.

Le calcul que personne ne fait avant d'augmenter les budgets

Sur ce compte, le CPA était à 148€. Une commande laissait environ 176€ de marge avant logistique. Fais le calcul. Ton acquisition te mange quasiment toute ta marge, et derrière t'as encore la logistique à payer. Le COS tournait à 20% du CA net, ce qui est la limite haute du benchmark mode (15 à 20%). Bref, pas de place pour dépenser plus. Aucune.

Le calcul sur la conversion est imparable.

Si tu passes de 0,4 à 0,8% de conversion, tu fais x2 sur ton chiffre d'affaires. À trafic égal. Sans dépenser un euro de plus en pub. Tu gardes exactement le même budget, le même trafic, le même CPA sur le papier, et tu doubles ton CA parce que deux fois plus de gens achètent.

Sur des clients de cette taille, viser 0,7 à 0,9% voire 1% de conversion, c'est atteignable. 2% avec un panier moyen élevé comme le sien, là par contre, c'est irréaliste, faut pas se raconter d'histoires. Mais passer de 0,4 à 0,8, c'est pas de la magie. C'est du travail post-clic.

C'est pour ça que je répète qu'un audit eCommerce doit commencer par le P&L, pas par les campagnes. Tant que t'as pas regardé où part la marge et où fuit le trafic, tu pilotes à l'aveugle.

Le travail paid ne s'arrête pas au clic

L'agence en place faisait une erreur que je vois tout le temps. Elle s'arrêtait à la plateforme. Elle regardait le ROAS dans Meta, le CPC, le CTR, et basta. Dès que le gars avait cliqué, c'était plus leur sujet.

Sauf que le travail d'acquisition ne s'arrête pas au clic. Il commence là.

Le post-clic, c'est le taux d'ajout au panier. C'est les landing pages d'acquisition dédiées, testées, itérées. C'est ce qui se passe entre le moment où le gars arrive sur le site et le moment où il paie. Tu peux avoir le meilleur ciblage du monde, si ta landing page convertit à 0,4%, t'as rien gagné.

Sur ce compte, le CTR était très bon, le trafic montait bien. Mais le taux de conversion s'effondrait en face. On générait de plus en plus de clics, et de moins en moins d'achats. Classique. Tout le monde était content de regarder le CTR grimper, et pendant ce temps le CA stagnait.

J'explique ce découpage entre l'acquisition paid des marques mode et le travail de conversion sur le site parce que c'est deux métiers, mais c'est une seule chaîne. Casser la chaîne au moment du clic, c'est garantir de laisser de l'argent sur la table.

Par où on commence pour récupérer la conversion

Quand le checkout fait fuir 2 personnes sur 3, y a rarement un seul coupable. C'est une accumulation de petits trucs. Voilà ce qu'on a regardé en premier.

Les frais de livraison dans le checkout. Comment ils s'affichent, à quel moment, est-ce qu'ils surprennent le client au dernier moment. Un frais de port qui apparaît d'un coup à la page de paiement, c'est un des plus gros tueurs de conversion qui existe.

Les moyens de paiement. Est-ce qu'il y a du paiement en plusieurs fois sur un panier élevé, est-ce que les wallets type Apple Pay sont là. Sur un panier haut, l'absence de paiement fractionné te coûte des commandes tous les jours.

La réassurance dans le checkout. Retours, délais, contact. Le gars doit se sentir en sécurité au moment de payer.

Et surtout, on a installé Hotjar pour regarder des vraies sessions. Pas des moyennes, pas des courbes. Des gens, en vrai, qui galèrent, qui cliquent, qui reviennent en arrière, qui ferment l'onglet. C'est en regardant 30 sessions de checkout abandonné que tu comprends ce qui cloche, pas en fixant un dashboard.

Dernier point, le flow d'abandon de panier. Il y avait un seul mail automatique. Un. Sur du prêt-à-porter urbain à panier élevé, un seul mail d'abandon, c'est laisser mourir des commandes qui ne demandaient qu'à être récupérées.

Deux trucs qu'on a oubliés en route

Il y avait aussi deux problèmes structurels que personne n'avait relevés.

Le premier, le site était uniquement en anglais. Alors que plus d'une commande française sur deux venait de Paris intra-muros, et 62% de l'Île-de-France sur 90 jours. Tu diffuses des annonces en France, à des Franciliens, et tu les envoies sur un site en anglais. Forcément, ça frotte sur la conversion. C'est le genre de détail bête qui te coûte des points de conversion sans que tu le voies.

Le second, c'est plus une question de concentration. Le trafic était dilué entre plein de collections et plein de produits, certains qui surperformaient, d'autres qui plombaient tout. Arrêter d'arroser partout et concentrer le trafic payant sur les collections et les produits qui convertissent vraiment, et le ROAS repart sur les lignes qui portent le CA. On coupe les campagnes catalogue qui diffusent tout et n'importe quoi, et on met le budget là où ça convertit.

Ce que ça donne quand tu tiens la conversion dans la durée

Pour te donner un point de comparaison concret. On a bossé la conversion pendant 18 mois sur une marque d'accessoires, panier moyen similaire à ce prêt-à-porter urbain. Deux leviers, pas trente. La concentration sur la conversion, et l'ouverture à l'international.

Résultat, +100% de croissance en 2025. Et +150% sur les US. À budget pub maîtrisé. On n'a pas touché au trafic. On a juste fait acheter deux fois plus de monde dans le trafic qui était déjà là, sans ajouter une ligne de budget.

Sur ce compte de prêt-à-porter urbain, on a commencé par là. On a bossé le site pendant six semaines avant de retoucher le moindre budget pub. Le CA est reparti sans un euro de pub en plus.

Questions fréquentes

Mon taux de conversion est à 0,4%, c'est grave ?

Sur une marque mode avec un panier moyen élevé, oui. On vise plutôt 0,7 à 1%. À 0,4%, ton problème n'est pas le trafic mais ce qui se passe sur le site. Commence par regarder où tu perds les gens, en particulier au checkout.

Je convertis mal, est-ce que je dois couper mon budget pub ?

Pas forcément couper, mais arrête de l'augmenter. Tant que ton site laisse fuir 996 personnes sur 1000, dépenser plus revient à perdre plus de monde. Travaille la conversion d'abord, c'est là que x2 est le plus rentable à trafic égal.

Doubler ma conversion double vraiment mon chiffre ?

À trafic égal, oui. Passer de 0,4 à 0,8% de conversion, c'est deux fois plus d'acheteurs sur le même volume de visiteurs, donc x2 sur le CA sans un euro de pub en plus. C'est le calcul le plus imparable de l'eCom.

Par où commencer pour récupérer de la conversion au checkout ?

Regarde l'affichage des frais de livraison, les moyens de paiement disponibles (dont le paiement fractionné sur panier élevé) et la réassurance. Installe Hotjar pour observer des vraies sessions abandonnées, et muscle ton flow d'abandon de panier si tu n'as qu'un seul mail.

Le travail d'une agence paid s'arrête au clic ?

Non, et c'est une erreur classique. Le travail paid continue après le clic : taux d'ajout au panier, landing pages d'acquisition dédiées et itérées. Une agence qui s'arrête au ROAS plateforme sans regarder le site te laisse de l'argent sur la table.

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