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Pourquoi un catalogue de 2500 références plombe ta conversion en eCommerce

Un catalogue de 2500 références est un atout en B2B mais un piège en B2C : le consommateur se perd et part. La solution, c'est de resserrer autour du top 20 ou 30 des best-sellers déjà validés par tes ventes, et de piloter ton merch toutes les deux semaines.

Auteur
Axel Corton
Thème
eCommerce
Date
Lecture
6 min
Pourquoi un catalogue de 2500 références plombe ta conversion en eCommerce

À retenir

  • Sur un gros catalogue, seules 5-6 pages drivent vraiment le trafic et convertissent, le reste est mort.
  • Réduire l'offre de 50% chez un vendeur multimarque a eu un impact énorme dans le bon sens.
  • Démarre le B2C avec le top 20 ou 30 des pièces, construit à partir de ta data wholesale.
  • Refais ton merch toutes les deux semaines : vire les 5 produits qui plombent, remonte les 5 qui cartonnent.
  • En acquisition, arrête de pousser tout le catalogue et concentre ton budget sur le top 20.

On a bossé récemment avec une marque d'arts de la table, de la porcelaine, 18 ans d'existence, 9 salariés. Une belle boîte. Le B2B sur-mesure fait 60% du CA, la boutique physique 8%, et l'eCom moins de 5% et en baisse. Et quand tu regardes leur site, tu comprends vite pourquoi. 2500 références. Un site WooCommerce monté en 2013, retouché tous les mois depuis, qui tient debout mais qui commence à dater sérieux.

Et ce catalogue dense, c'est leur force côté B2B. Un acheteur pro qui cherche un plat ovale spécifique pour équiper son resto, il adore tomber sur 2500 trucs. Plus y a de choix, plus il a de chances de trouver sa pièce exacte. Mais en B2C, c'est exactement l'inverse. Le consommateur se perd. Il trouve le site "très B2B", pas glamour, pas désirable. Et il part.

Ma philosophie sur l'eCom, et je le répète à longueur de journée, c'est que tout ce qui peut être supprimé doit être supprimé. Les gens ont zéro temps et zéro attention. Chaque référence en trop, c'est une occasion de perdre le client en route.

Plus de produits, moins de ventes

Y a un truc contre-intuitif que beaucoup de fondateurs refusent d'entendre. Plus tu proposes de produits, moins tu vends.

J'ai pris le pari avec un client, un vendeur multimarque, de réduire son offre de 50%. Résultat, un impact énorme dans le bon sens. En gardant uniquement les pièces qui se vendent vraiment, tu augmentes mécaniquement tes chances de vendre. La gestion du merch devient beaucoup plus simple. Et surtout, le client a plus facilement un coup de cœur que quand il nage dans un stock ouvert de 2500 trucs.

Un consommateur qui arrive sur ta boutique veut pas faire une étude de marché. Il veut qu'on lui montre quoi acheter. Si tu lui balances 2500 références de porcelaine sans hiérarchie, tu lui transfères toute la charge mentale. Il doit trier, comparer, douter. Et au bout de trois pages, il ferme l'onglet.

Et ça se voit dans les stats de conversion. Sur un gros catalogue, y a 5-6 pages qui drivent vraiment, qui sont consultées, qui convertissent. Et le reste, c'est des pages mortes. Des produits vus par personne, achetés par personne. Mais ils restent là, ils encombrent le menu, ils diluent le trafic. Si tu concentres tes visiteurs sur moins de pages, c'est beaucoup plus facile de faire ton merch correctement et de piloter la perf.

Guider vers une gamme déjà validée par le business

Quand tu lances ou relances une marque en B2C, la question n'est pas comment montrer tout ton catalogue, mais comment guider le client vers les bons produits.

Et dans le cas de cette marque de porcelaine, la réponse était presque posée sur un plateau. Ils ont 18 ans de ventes B2B wholesale derrière eux. Ils savent exactement quelles pièces marchent, lesquelles les restaurateurs rachètent chaque année. C'est exactement cette data qu'il faut exploiter.

Du coup tu démarres le B2C avec une collection restreinte, construite autour de ces best-sellers déjà approuvés. Tu montres au consommateur une gamme claire, courte, facile à comprendre. Et au fur et à mesure que ça tourne, tu élargis. Tu testes de nouvelles pièces, tu regardes les KPIs, tu gardes ce qui convertit, tu sors ce qui dort.

Je l'ai fait chez un vendeur multimarque et un client déco, même résultat, conversion en hausse sur les pages resserrées. Tu montes une page catégorie spécifique à l'acquisition, tu y places tes produits manuellement, uniquement les best-sellers. Et tu refais ton merch toutes les deux semaines en regardant les chiffres de chaque produit. Tu as 25 produits sur ta page, tu vires les 5 qui plombent, tu remontes les 5 qui cartonnent. Ça se pilote à la main, et c'est redoutablement efficace.

L'avantage d'un catalogue moins vaste, c'est aussi que tu peux événementialiser. Une nouvelle pièce qui rentre, une nouvelle collection, ça devient un évènement. Alors que noyée dans 2500 références, personne la verra jamais.

Si tu veux creuser la façon de piloter ton acquisition en fonction de ton stade de croissance, j'en parle ici dans la stratégie qui te fait passer de 1M à 3M.

"Mais un gros catalogue, c'est bien pour que le client tombe sur sa pièce"

Une des agences consultées par la marque sortait cet argument. Un gros catalogue, c'est top, parce que l'acheteur qui cherche un bol petit-déj, un plat à cake ou un plat ovale, il va tomber dessus.

Sauf que ça, c'est bon pour le référencement. Pour la conversion, ça change rien. Avoir 2500 pages pour choper quelqu'un qui tape "plat ovale porcelaine" quelque part, tu raisonnes trafic quand tu devrais raisonner achat. Et du trafic qui convertit pas, ce sont juste des gens qui passent devant ta vitrine sans entrer.

Le trafic sur ton site marche comme le trafic en boutique. Si tu fais entrer 1000 personnes dans un magasin où elles trouvent rien, où tout est en vrac sur 2500 étagères, elles ressortent les mains vides. Mieux vaut 300 personnes qui arrivent devant un linéaire propre, 20 pièces bien mises en avant, et qui repartent avec un carton.

Et honnêtement, les grandes marques le prouvent tous les jours. Nike vend des Air Max depuis des décennies et continue de les vendre. Ils cherchent pas à sortir 2500 modèles. Ils poussent les pièces qui marchent. Dans la mode et le lifestyle, les fondateurs sont souvent des créatifs qui veulent développer des nouveaux produits à tout-va. C'est une pulsion que je comprends, mais qui va contre ta conversion.

Côté acquisition, arrête de pousser tout le catalogue

Le sujet déborde largement sur la page produit et le menu. En acquisition, c'est pareil, et c'est même plus violent.

Si tu fais tourner des campagnes catalogue qui poussent les 2500 références, ou du shopping qui balance tout, c'est une perte d'argent et une perte de perf. Tu dilues ton budget sur des produits qui convertissent pas, et tu te crées une sous-dépendance à tes best-sellers sans jamais les mettre vraiment en avant.

Ce qu'il faut faire, c'est arrêter de pousser tout le catalogue et ne garder que le top 20 des produits. Un point d'entrée propre, des pages qui convertissent, et tout ton budget derrière. Et derrière, une page d'atterrissage pensée pour l'achat, pas pour montrer tout ce que tu sais faire.

Sur les pages collection, j'ai remarqué un pattern. Le taux de conversion monte au fur et à mesure qu'on descend dans les pages. Page 1 à 2%, page 2 à 3%, et ça continue de grimper. Et pour cause, les gens qui scrollent jusqu'à la page 3 sont hyper qualifiés, ils cherchent vraiment. Mais la plupart des visiteurs n'arrivent jamais jusqu'à la fiche produit. Ils décrochent avant. Avec un catalogue dense, tu perds un paquet de monde entre la homepage et le produit.

Si tu veux aller plus loin sur comment structurer tes fiches et ta mise en avant, une couleur un produit ou tout en variantes sur Shopify traite directement de cette logique de hiérarchisation.

Concrètement, par où commencer

Si t'es dans la situation de cette marque, avec un catalogue énorme et un eCom qui fait 20 à 30 commandes par mois avec un panier à 150-180€, voilà ce que je ferais.

Tu pars de ta data wholesale ou de tes stats de vente existantes. Tu sors le top 20 ou 30 des pièces qui performent vraiment. Tu construis une collection B2C restreinte autour de ça, avec des visuels désirables, parce qu'en eCom tu vends d'abord avec la photo. Tu nettoies ton menu pour concentrer le trafic sur 5-6 pages max. Et tu pilotes ton merch toutes les deux semaines, sans états d'âme, en virant ce qui dort.

Le catalogue dense, tu le gardes pour le B2B où c'est un vrai atout. Mais ton eCom grand public, tu le construis resserré et guidé. Et tu élargis seulement quand les chiffres te disent que t'es prêt.

Le premier mois tu sauras déjà quelles pièces garder.

Questions fréquentes

Un catalogue plus petit, ça fait pas limité aux yeux du client ?

Non, l'inverse. Une gamme resserrée et bien présentée paraît plus premium et plus désirable qu'un catalogue fourre-tout. Ce qui fait limité, c'est une boutique qui ressemble à un stock pro sans hiérarchie. Si tu montres 20 pièces travaillées avec de belles photos, ça respire la marque, pas la contrainte.

Quel est un bon taux de conversion pour une marque d'arts de la table ?

Ça dépend du panier et du secteur, mais sur de la décoration et l'art de la table avec un panier à 150-180€, tu es dans une logique d'achat plaisir avec de la réflexion. Vise d'abord à faire grimper les gens jusqu'à la fiche produit. Le gros de la perte se joue avant, entre la homepage et le produit.

Comment choisir les produits à garder dans un catalogue restreint ?

Tu pars de ta data. Tes best-sellers, tes pièces validées par le wholesale ou la boutique physique, celles qui tournent depuis des années. Tu sors le top 20 ou 30 et tu construis ta collection B2C autour. Puis tu réajustes toutes les deux semaines selon les KPIs de chaque produit.

Est-ce que je dois supprimer définitivement les références qui ne vendent pas ?

Pas forcément supprimer, mais ne pas les mettre en avant. En B2C tu les sors des pages principales et du menu pour concentrer le trafic sur ce qui convertit. En B2B, tu peux garder le catalogue complet, c'est un atout là-bas. Les deux logiques cohabitent très bien.

Faut-il pousser tout le catalogue en acquisition payante ?

Surtout pas. Les campagnes catalogue ou shopping qui balancent toutes les références, c'est une perte d'argent. Concentre ton budget sur le top 20 des produits, avec des pages d'atterrissage pensées pour l'achat. Tu convertis mieux et tu pilotes ta perf beaucoup plus facilement.

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