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Le swipe sur mobile, le truc tout bête qui change tes taux de conversion

Laisser l’utilisateur swiper pour changer de coloris ou ajouter au panier peut jouer sur le « touchscreen endowment effect », observé dans une étude sur les écrans tactiles : toucher un produit à l’écran pousse à le considérer un peu comme le sien. C’est une piste à tester, pas une garantie. Ça ne remplace pas une bonne fiche produit, ça s’ajoute dessus.

Auteur
Axel Corton
Thème
eCommerce
Date
Lecture
8 min
Le swipe sur mobile, le truc tout bête qui change tes taux de conversion

À retenir

  • Le mobile convertit moins que le desktop alors qu’il capte la majorité du trafic : intention plus faible et découverte mobile, achat desktop.
  • Le swipe recrée une part du geste en boutique : en magasin, un produit mis en main, c’est déjà une bonne partie de la vente faite.
  • Teste en priorité le choix des coloris, l’ajout au panier et la découverte des looks, mais ajoute un indice visuel sinon personne ne swipe.
  • Regarde le add to cart rate mobile avant/après : passer de 5 % à 8 % confirme le gain, sinon reviens en arrière.
  • Teste mobile et desktop séparément, une seule variable à la fois, sur un mois à un mois et demi si le volume est faible.

Je suis tombé sur une étude l'autre jour qui m'a un peu fait tilt. C'est une étude sur les écrans tactiles. En gros, quand les gens touchent un produit à l'écran au lieu de cliquer à la souris, ils lui donnent plus de valeur. Pas 2% de plus. Un vrai écart sur la propension à payer. L'étude ne mesure pas le swipe sur mobile, mais mon intuition, c'est que glisser du doigt pour ajouter au panier ou pour faire défiler les coloris joue sur le même ressort. À tester.

Le truc, c'est que ça fait 17 ans que des gens font du eCom et personne n'en parle vraiment. On passe des heures sur le ciblage des campagnes, sur les objets d'email, et on oublie le geste le plus banal qu'on fasse sur un téléphone. Le doigt qui glisse sur l'écran.

Pourquoi le mobile convertit moins que le desktop

Avant de parler du swipe, faut poser un truc que je vois sur quasi tous les comptes. Le mobile convertit moins bien que le desktop. Souvent beaucoup moins. Alors que la majorité du trafic arrive sur mobile.

Il y a deux raisons à ça.

La première, c'est que les gens n'ont pas la même intention. Quand tu vas sur un site en desktop, c'est souvent parce que t'as décidé d'y aller. Quand tu es sur mobile, tu es en train de scroller sur Instagram, tu vois un truc, tu cliques. Ton envie de départ, c'était pas d'acheter, c'était de scroller. Du coup forcément, ça convertit moins.

La deuxième, c'est que beaucoup de gens découvrent sur mobile et achètent sur desktop. Le mobile sert surtout à découvrir. L'achat, lui, se fait plus souvent sur desktop. Et cet écart se creuse surtout sur les nouveaux visiteurs. Sur quelqu'un qui revient, la différence entre mobile et desktop est beaucoup moins marquée.

Le problème, c'est que le parcours mobile est souvent le parent pauvre. Pensé après le desktop, bâclé sur les détails. Et c'est exactement là qu'un geste comme le swipe peut venir gratter un peu de taux de conversion.

Pourquoi le swipe peut faire acheter plus

Y a un nom pour ça, le "touchscreen endowment effect". En français on pourrait dire l'effet de possession par le toucher. L'idée est simple. Quand tu touches physiquement un truc, ton cerveau commence à le considérer un peu comme le tien. En boutique, c'est hyper connu. Un vendeur qui te met le produit dans les mains, c'est déjà une bonne partie de la vente faite. Tu touches la matière, tu sens le poids, tu te projettes. Du coup tu repars plus souvent avec.

Mon hypothèse, c'est que sur mobile, le swipe reproduit une partie de ça. Au lieu de cliquer sur un bouton rectangulaire "Ajouter au panier" comme n'importe quelle transaction en ligne, tu fais glisser le produit du doigt. Ton cerveau enregistre un geste physique, pas un clic abstrait. Et ça change la perception. Le produit devient un peu le tien avant même que tu aies payé.

C'est pas de la magie. C'est juste que l'achat en ligne, par défaut, c'est froid. Tu vois une photo, tu cliques, tu paies. Le swipe réintroduit un bout du geste qu'on fait en magasin. Et en eCom, je le répète souvent à nos clients, on n'achète pas un produit, on achète la photo. Si en plus tu peux faire bouger cette photo au doigt, tu te rapproches encore un peu plus de l'expérience boutique.

Amazon a d'ailleurs ajouté un slider sur pas mal de ses pages. Quand Amazon teste un truc et le garde, c'est rarement un hasard. Ils ont les volumes pour savoir si ça convertit ou pas.

Ce que ça veut dire concrètement sur ta fiche produit

Faut pas transformer ton site en jeu mobile non plus. L'idée c'est de remplacer les interactions passives par des gestes actifs là où ça a du sens. Trois endroits où je testerais en premier.

Le choix des coloris et des variantes. Au lieu d'un menu déroulant "Sélectionne ta taille dans le menu", tu mets un carrousel de visuels que l'utilisateur fait défiler au doigt. Il swipe entre les coloris, il voit le produit changer en temps réel. Déjà ça, ça rend la fiche beaucoup plus vivante qu'un dropdown que personne n'a envie d'ouvrir.

L'ajout au panier. Sur certaines fiches, tu peux tester un geste de swipe pour ajouter au panier plutôt que le bouton classique. C'est plus risqué celui-là parce que si c'est mal foutu, tu casses un réflexe que tout le monde connaît. Mais sur des marques avec une fiche produit immersive, ça peut valoir le coup de voir ce que ça donne.

La découverte des looks. Pour une marque de mode, laisser l'utilisateur swiper entre des idées de tenues autour d'un produit, ça marche hyper bien. Tu transformes une fiche produit en mini-moment de shopping. Le doigt glisse, les propositions défilent, et l'envie monte.

Un point important sur le carrousel. Il marche pas pour tout. Sur un produit où l'utilisateur veut tout voir d'un coup, genre des infos techniques ou plusieurs angles importants, un affichage complet est parfois meilleur qu'un balayage qui cache la moitié du contenu. Le swipe, c'est bien pour faire défiler des variantes ou des visuels d'ambiance. C'est moins bien quand l'info importante se retrouve planquée sur la troisième image que personne va voir.

D'ailleurs, petite règle que je garde en tête tout le temps. Les gens scrollent peu. Sur beaucoup de pages, la majorité des visiteurs descendent à peine sous la ligne de flottaison. Donc si tu mets ton interaction au swipe trop bas, elle existe pas. Toutes les infos importantes doivent être remontées en haut, visibles direct.

Ce que je ferais pas, c'est garder un gros bouton rectangulaire standard sur mobile sans jamais rien tester autour, ou pire, laisser des menus déroulants moches pour choisir la taille. C'est le genre de détail qui fait que ta fiche ressemble à un formulaire administratif plutôt qu'à une boutique.

Comment améliorer ton taux de conversion mobile sans faire n'importe quoi

Le piège, c'est de lire une étude, de trouver ça cool, et de refaire tout ton parcours mobile du jour au lendemain. Mauvaise idée. Comme pour n'importe quel changement sur une fiche produit, tu testes, tu mesures, tu décides sur les chiffres.

Un truc à bien comprendre sur l'A/B test. Le résultat du test, c'est pas la vérité finale. C'est un premier échelon dans l'amélioration. Tu testes, tu apprends, tu ré-affines.

Et idéalement, tu testes mobile et desktop séparément. Parce que le design mobile et le design desktop sont tellement différents que mélanger les deux dans un seul test, c'est comme comparer une paire de chaussures rouges avec une paire de chaussures vertes. Ça peut très bien marcher en mobile et foirer en desktop, ou l'inverse. Si tu peux, sépare les deux, tu auras une lecture beaucoup plus propre.

La métrique à regarder en premier, c'est le add to cart rate sur mobile. Si tu passes d'un bouton classique à une interaction au swipe et que ton taux d'ajout au panier monte, par exemple de 5% à 8%, tu tiens quelque chose. Si ça bouge pas ou que ça baisse, tu reviens en arrière. Simple.

Pour mesurer vraiment ce qui se passe, un outil de heatmap ou de session replay t'aide beaucoup. Tu vois si les gens swipent, à partir d'où ils décrochent, jusqu'où ils descendent sur la page. Sans ça, tu testes à l'aveugle.

Quelques règles que j'applique avec nos clients quand on touche à ce genre de truc.

  • Ne teste qu'une chose à la fois. Si tu changes le choix des coloris ET l'ajout au panier en même temps, tu sauras jamais ce qui a joué.
  • Mets un indice visuel clair. Un petit overlay "glisse pour voir les coloris" au premier chargement, sinon l'utilisateur ne devinera jamais qu'il peut swiper. Un geste caché ne sert à rien.
  • Vérifie que ça marche sur un maximum d'appareils. Un swipe qui lag sur un téléphone un peu vieux, c'est pire que pas de swipe du tout. La technique doit suivre.
  • Laisse tourner le test assez longtemps. Un mois, un mois et demi si ton volume est faible. Un test lu trop tôt te fait prendre une décision sur du bruit.

Et surtout, garde en tête que le swipe ne sauvera jamais une mauvaise fiche produit. Si tes photos sont pourries, si ton produit est mal montré, aucun geste au monde va rattraper ça. Je suis persuadé qu'une grande partie de la perf d'un site tient à son produit et à la façon dont il est présenté. Le swipe, c'est une couche en plus sur une base déjà solide, pas un pansement.

Si tu veux creuser la logique de test avant d'y aller, on en parle dans pourquoi un audit eCommerce doit commencer par ton P&L. Et si c'est la partie Shopify et conversion qui t'intéresse, c'est exactement ce qu'on fait avec Activate.

Pourquoi ce genre de détail passe sous les radars

Au fond, le problème dépasse le swipe. On sous-estime l'impact des micro-interactions sur mobile. Le swipe n'est qu'un symptôme de ça. La plupart des marques mettent toute leur énergie sur l'acquisition, sur les campagnes Meta, sur le budget pub. C'est normal, c'est là que l'argent sort. Et une fois le trafic sur le site, sur un petit écran de 6 pouces avec un pouce qui scrolle à toute vitesse, presque personne ne regarde ce qui se passe vraiment.

Là, tu te rends compte que le parcours mobile est souvent le parent pauvre. Conçu dans la foulée du desktop, jamais vraiment peaufiné. Alors que la majorité du trafic est sur mobile. Y a un vrai décalage entre l'énergie qu'on met à faire venir les gens et l'énergie qu'on met à les faire acheter une fois arrivés.

Le swipe, c'est un exemple parmi d'autres. Mais il dit quelque chose d'important. Les choses qui font bouger ton taux de conversion sont souvent moins sexy qu'une nouvelle campagne. Un geste bien placé, un indice visuel au bon moment. Des détails qui transforment un visiteur en acheteur.

Par où commencer

Si tu veux tester ça cette semaine, voilà ce que je ferais. Prends ta fiche produit la plus visitée sur mobile. Remplace le menu déroulant de sélection des coloris par un carrousel qu'on fait défiler au doigt, avec un petit indice visuel au chargement. Mesure ton add to cart rate mobile avant et après sur deux ou trois semaines. Si ça monte, tu généralises. Si ça bouge pas, t'as appris un truc et t'as perdu une journée de dev, pas plus.

Pas besoin de refaire tout ton site. Un test, une métrique, une décision basée sur les chiffres. Si tu peux rendre ta fiche produit 30% plus vivante avec un geste que ton client fait déjà naturellement sur son téléphone, autant le faire.

Sources

  1. Boston College — Study on touchscreens and shopping choices (Brasel & Gips)

Questions fréquentes

Le swipe pour ajouter au panier, ça marche sur toutes les marques ?

Non. Ça marche surtout sur les marques avec une fiche produit immersive et beaucoup de trafic mobile. Sur un site très sobre ou avec peu de volume, l’écart sera dur à mesurer. Teste avant de généraliser.

Je risque pas de casser un réflexe en remplaçant le bouton Ajouter au panier ?

Si, c’est le vrai risque. Le bouton classique, tout le monde le connaît. Commence plutôt par le choix des coloris ou la découverte des looks, c’est moins risqué. Et garde toujours un indice visuel clair.

Quelle métrique je regarde pour savoir si ça marche ?

Le add to cart rate sur mobile en premier. Tu compares avant et après sur deux ou trois semaines. Si ton taux d’ajout au panier monte et que la conversion suit, tu gardes. Sinon tu reviens en arrière.

Le swipe peut-il compenser une fiche produit faible ?

Jamais. Si tes photos sont mauvaises ou que ton produit est mal montré, aucun geste ne rattrapera ça. On est convaincus qu’une grande partie de la perf d’un site tient au produit et à sa présentation. Le swipe arrive après ça.

Pourquoi personne n’en parle alors que ça semble efficace ?

Parce que la plupart des marques mettent leur énergie sur l’acquisition et oublient ce qui se passe une fois le visiteur sur mobile. Les micro-interactions sont moins sexy qu’une nouvelle campagne, mais elles font vraiment bouger les conversions.

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