La plupart de tes clients récurrents ne sont pas abonnés, et tu les ignores dans ton reporting
Dans la plupart des marques qu’on accompagne, seule une petite partie des clients récurrents sont abonnés. La majorité rachète hors abonnement et reste invisible dans ton reporting. Pilote-les comme des récurrents à part entière, relance-les au bon moment selon leur consommation réelle, et tu ouvres une poche de revenu déjà payée.
- Auteur
- Axel Corton
- Thème
- CRM
- Date
- Lecture
- 5 min

À retenir
- Dans la plupart des marques qu’on accompagne, seule une petite partie des clients récurrents sont abonnés, la majorité rachète hors abonnement.
- Les clients sous-estiment leurs dépenses d’abonnement d’environ 133 dollars par mois, soit 2,5 fois plus que ce qu’ils pensent.
- Sur les marques qu’on suit, les annulations d’abonnement sont rarement liées au produit lui-même.
- Selon un cas présenté en webinar par la marque et un partenaire, Built Brands a fait grimper son revenu de réachat 4 fois plus vite que son revenu d’abonnement sur 60 jours, sans cannibalisation.
- Cale tes relances sur la consommation réelle par client et relance à J-5 avant épuisement du produit.
Il y a un chiffre qui m'a arrêté net la semaine dernière. Les clients sous-estiment leurs propres dépenses en abonnements d'environ 133 dollars par mois. 2,5 fois plus que ce qu'ils pensent dépenser. Les gens ne savent même pas combien ils claquent en abonnements chaque mois.
Et si eux ne le savent pas, regarde de ton côté : combien de tes clients récurrents passent vraiment par ton programme d'abonnement ? Dans 90% des comptes que je regarde, personne ne sait répondre.
Le trou dans ton reporting
Dans la plupart des marques qu'on accompagne, on voit la même chose : seule une petite partie des clients récurrents sont abonnés. C'est tout. La grande majorité, elle, rachète quand ça lui chante. Pas de cadence, pas de prélèvement automatique, rien de programmé.
Et c'est un problème. Parce que tout ton reporting rétention, lui, ne regarde que les abonnés. Ton MRR, ton churn rate, ta valeur vie par cohorte d'abonnés, tout ça tourne autour de cette minorité.
Les clients qui rachètent hors abonnement sont invisibles. Zéro attribution, zéro campagne derrière. Personne ne les regarde. C'est la majorité de ton revenu récurrent qui tourne sans que personne la pilote.
Je vais te donner une image. Prends l'abonné : il a sa carte de fidélité, il revient tous les mois sans que tu lèves le petit doigt. Le client hors abonnement, lui, adore ta marque, revient quand même, mais personne ne lui dit bonjour quand il repasse la porte. Tu le laisses se débrouiller tout seul. Et un jour il va voir ailleurs, et tu ne sauras même pas pourquoi.
Pourquoi tout le monde se trompe de combat
La plupart des marques s'acharnent à transformer leurs acheteurs en abonnés. Popups, offres "abonne-toi et économise 15%", relances à la chaîne. L'idée se tient. Sauf qu'elle passe à côté de l'essentiel.
Parce qu'un abonnement, ça marche sur certains produits. Les compléments, le café, les lames de rasoir, les trucs qu'on consomme à rythme régulier. Mais sur plein de catégories, le client ne veut pas s'engager. Il veut racheter quand il en a besoin, point. Et si tu le forces dans un abonnement, tu lui prépares juste un churn à retardement.
Traite plutôt ces clients hors abonnement comme des clients récurrents à part entière, qui méritent le même pilotage que tes abonnés. Arrête d'essayer de les convertir de force.
Un autre constat qui remet les idées en place. Sur les marques qu'on suit, les annulations d'abonnement sont rarement liées au produit lui-même. Donc quand tu balances des flows "ne nous quitte pas" avec un gros discount panic, tu réponds souvent au mauvais problème. Le mec part parce qu'il a trop de stock, ou parce qu'il a oublié qu'il était abonné. Rarement à cause du produit.
Comment relancer les non-abonnés au bon moment
Le timing décide de tout. Et ce timing se calcule sur la donnée d'usage, pas sur un calendrier d'envoi standard.
Le problème des flows de win-back classiques, c'est qu'ils partent sur un rythme fixe. 30 jours après l'achat, tout le monde reçoit le même mail. Sauf que ton client qui a acheté une boîte de 60 gélules et celui qui a pris la boîte de 180, ils n'ont pas du tout le même moment de réachat. Si tu envoies le même "c'est le moment de recommander" aux deux, tu es à côté pour la moitié des gens.
Ce qui marche vraiment : caler tes relances sur la consommation réelle, client par client. Tu sais qu'un produit dure en moyenne 45 jours chez ce client précis ? Tu le relances à J-5. SMS, email, ou même un petit nudge on-site quand il revient sur le site. Un message "c'est bientôt le moment de recommander" au bon moment bat dix campagnes génériques.
Ensuite, tu enlèves la friction. Un chemin de réachat en un clic. Le client clique, son ancienne commande est pré-remplie, il valide. En magasin, c'est le vendeur qui te lance "je te remets le même ?" sans te faire refaire la queue. Tu ne lui demandes pas de refaire tout le parcours d'achat comme un nouveau.
Et tu peux empiler des discounts par palier sur ces réachats. Oublie le code "reviens stp" désespéré. Pars sur une mécanique du genre "à partir de deux produits, tu passes au tarif supérieur". Ça monte le panier moyen sur du réachat, sans un euro de budget acquisition en plus. C'est exactement le genre de logique que je développe quand je dis de construire ton budget pub à partir de ta marge, pas de ton chiffre d'affaires. Le réachat piloté te ramène de la marge quasi pure.
Ce que ça change concrètement sur les chiffres
J'ai vu un cas présenté en webinar par la marque et un de ses partenaires : sur 60 jours, Built Brands (la marque derrière BUILT Bar) a fait grimper son revenu de réachat 4 fois plus vite que son revenu d'abonnement. Et le plus intéressant, toujours selon eux, c'est zéro cannibalisation sur les abonnés. Les deux canaux grossissent en parallèle.
Concrètement : arrête de regarder uniquement tes abonnés, mets-toi à piloter tous ceux qui rachètent sans abonnement, et tu ouvres une poche de revenu qui était là depuis le début, sans attribution.
Et contrairement à l'acquisition, cette poche-là ne coûte presque rien. Tu as déjà payé pour acquérir ces clients. Tu les as déjà convaincus une fois. Les relancer au bon moment, c'est récupérer du revenu que tu avais déjà payé pour aller chercher. D'ailleurs, le pire scénario, c'est quand tu paies une pub pour racheter un client que t'avais déjà vendu alors qu'un simple SMS au bon timing aurait suffi.
Par où commencer
Commence par sortir tes récurrents hors abonnement de l'ombre. Un client qui a commandé deux fois ou plus et qui n'est pas abonné, tu le tagues. Ça te donne un segment que la plupart des marques n'ont jamais construit.
De là, tu calcules le délai moyen entre deux commandes, par produit et si possible par client. C'est ce délai qui pilote tes relances. Une fois que tu l'as, tu remplaces tes win-back génériques par du time-to-reorder calé dessus, SMS et email d'abord, c'est ce qui se met en place le plus vite. Et quand ça tourne, tu ajoutes le réachat en un clic et les paliers de remise. Là tu commences à monter le panier sur ta base existante.
Si ton reporting rétention ne suit que tes abonnés aujourd'hui, tu mesures une fraction de tes clients récurrents. Le reste tourne en silence. Va le chercher.
Sources
Questions fréquentes
Est-ce que je dois arrêter de pousser mes abonnements ?
Non. L’abonnement marche très bien sur les produits à consommation régulière. Le problème c’est de croire que tout ton revenu récurrent passe par là. Garde ton programme d’abonnement et pilote en parallèle tous ceux qui rachètent hors cadence.
Comment je sais quand relancer un client qui n’est pas abonné ?
Tu calcules le délai moyen entre deux commandes, idéalement par produit et par client. Tu relances quelques jours avant la date de réachat probable. Un message calé sur la consommation réelle bat largement un calendrier d’envoi fixe pour tout le monde.
Les discounts de réachat, ça ne va pas flinguer ma marge ?
Pas si tu les construis en paliers et sur du réachat uniquement. Ces clients tu les as déjà payés en acquisition. Une remise bien calibrée qui monte le panier moyen reste bien plus rentable qu’un nouveau client acheté en pub.
Quels outils pour mettre ça en place ?
Ton outil d’emailing et de SMS suffit pour démarrer, avec un segment custom sur les clients récurrents non abonnés. Côté réachat en un clic et paliers, des solutions comme rePete de Bold Commerce sont faites pour ça. Commence simple avec ce que t’as déjà.
Pourquoi les gens annulent leur abonnement si ce n’est pas le produit ?
Dans les marques qu’on accompagne, les annulations concernent rarement le produit lui-même. La plupart du temps c’est le timing, trop de stock accumulé, ou juste l’oubli d’être abonné. C’est pour ça que les messages « ne nous quitte pas » avec gros discount répondent au mauvais problème.
À propos de l’auteur

Axel CortonFondateurLinkedIn
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