Klaviyo pour un commerçant physique, réactiver sa base magasin sans usine à gaz
Pour un commerçant physique, inutile de monter trente flows. Démarre avec 4 ou 5 flows simples et réactive ta base magasin en segmentant sur l'achat réel. Les tickets envoyés par email te donnent des adresses qualifiées, et la promo se garde pour les clients vraiment froids.
- Auteur
- Axel Corton
- Thème
- CRM
- Date
- Lecture
- 6 min

À retenir
- Démarre avec 4 ou 5 flows qui tournent vraiment, pas trente, le reste s'ajoute quand ça performe.
- En prêt-à-porter, relance autour de 6 mois sans achat, client vraiment froid vers 12 mois.
- Réserve la promo aux clients froids, sinon tu brûles de la marge sur des gens qui revenaient déjà.
- WhatsApp connecté à Klaviyo, ROI vus jusqu'à environ 30, à réserver aux segments à forte valeur.
- 95% des marques accompagnées tournent sur la stack Klaviyo plus Shopify.
La plupart des commerçants physiques qui se mettent à Klaviyo font la même erreur. Ils veulent tout faire d'un coup, montent trente flows, se perdent dans les segments, et six mois plus tard l'outil tourne à 10% de ce qu'il pourrait. Alors que leur problème n'est presque jamais la complexité de l'outil. Dans 90% des cas, leur base magasin dort et personne ne la réveille.
Je prends un cas réel. Une boutique de prêt-à-porter multimarques, 4 magasins, une grosse base clients en retail. Beaucoup de téléphones et de SMS, une base email plus faible mais qui grossit depuis qu'ils ont changé de logiciel de caisse et qu'ils envoient les tickets par email. Klaviyo pas encore en place. Question qu'on me pose, la vraie question de tous les commerçants physiques en fait. Je commence par quoi, et comment je fais pour que ça me prenne pas 100 heures.
Ne pas construire une usine à gaz
Le réflexe quand tu découvres Klaviyo, c'est de te dire que t'as une Ferrari et qu'il faut tout exploiter. Résultat, tu passes trois semaines à paramétrer des segments ultra fins, des conditions dans tous les sens, des flows à rallonge. Et au final ça marche moyen parce que t'as mis de l'énergie partout sauf là où ça rapporte.
Au début, tu montes 4 ou 5 flows qui tournent vraiment bien, plus quelques emails ponctuels. C'est tout. Un flow de bienvenue, un flow panier abandonné si t'as du eCom à côté, un flow post-achat, un flow de réactivation. Voilà ta base. Le reste, tu l'ajoutes quand ces flows-là tournent et performent, pas avant.
Et un truc important sur les tickets envoyés par email. Tu les sous-estimes, mais ça vaut de l'or. Chaque fois qu'un client achète en magasin et reçoit son ticket par mail, tu récupères une adresse qualifiée, avec un historique d'achat réel derrière. C'est comme ça que tu construis la base qui va te servir à réactiver. Si tu veux faire grossir cette base proprement, les formulaires d'inscription en magasin et sur le site font une vraie différence.
Réactiver la base magasin, le cas le plus rentable
Pour un commerçant physique, ce qui rapporte le plus reste la réactivation par segmentation. Et là Klaviyo fait un truc que ton logiciel de caisse ne fera jamais.
Je donne l'exemple le plus parlant. Un client achète une veste Carhartt chez toi. Un an plus tard, t'as les nouveautés Carhartt qui arrivent. Tu crées un segment avec tous les clients qui ont acheté du Carhartt dans les douze derniers mois, et tu leur envoies les nouveautés de la marque. C'est hyper ciblé, c'est pertinent, le client reçoit un truc qui lui parle vraiment parce que ça colle à ce qu'il a déjà acheté. Tu transformes une donnée que t'avais déjà (son achat) en une raison concrète de revenir.
À partir de quand un client est inactif
La vraie question, c'est à partir de quand considérer un client comme inactif. Et ça ne se décide pas au doigt mouillé. En prêt-à-porter, le cycle d'achat tourne souvent autour des saisons et des collections. Un client qui n'a pas acheté depuis six mois, c'est pas la même chose que dans les compléments alimentaires où le rachat est mensuel. Regarde tes propres données, calcule le délai moyen entre deux achats chez toi, et considère qu'un client devient inactif quand il dépasse largement ce délai.
Concrètement sur du prêt-à-porter, je commence souvent à relancer autour de 6 mois sans achat, et je considère le client comme vraiment froid vers 12 mois. Mais encore une fois, c'est tes chiffres qui décident, pas les miens.
Faut-il mettre une promo
Non, pas systématiquement. Dans l'exemple Carhartt, y a zéro remise. Juste les nouveautés d'une marque que le client aime. La promo tu la gardes pour les clients vraiment froids, ceux qui ont rien acheté depuis un an et sur qui le simple rappel produit ne suffit plus. Sinon tu brûles de la marge pour racheter des gens qui seraient revenus de toute façon. D'ailleurs le même raisonnement vaut en acquisition, payer une pub pour racheter un client qu'on a déjà vendu c'est de l'argent jeté.
Attention à la pression commerciale et à la délivrabilité
Le piège quand tu commences à réactiver. Tu envoies à tout le monde, tout le temps. Sur une base retail avec des gens qui n'ont jamais vraiment consenti à recevoir des mails marketing, tu peux vite flinguer ta délivrabilité.
Les clients qui n'ouvrent jamais tes emails te coûtent plus que du volume inutile. Ils tirent ta réputation d'expéditeur vers le bas et au bout d'un moment, même tes bons clients voient tes mails tomber en spam. Donc tu segmentes, tu exclues les inactifs profonds de tes envois réguliers, et tu les traites dans une séquence de réactivation dédiée. Si après plusieurs messages ils réagissent toujours pas, tu les sors. J'ai écrit un article entier là-dessus, les inactifs qui coulent ta délivrabilité, parce que c'est vraiment un sujet sous-estimé.
Une séquence de réactivation propre, c'est 3 ou 4 messages avec une montée progressive. Tu commences par le rappel produit pertinent, sans remise. Si pas de réaction, tu montes un cran, un contenu plus engageant. Et seulement à la fin, pour les plus froids, tu mets une incitation. Tu espaces de quelques jours entre chaque message, tu laisses respirer.
Ouvrir sur le multicanal avec WhatsApp
Quand ta base magasin est forte en téléphones, c'est dommage de se limiter à l'email. Et là y a un truc qui marche vraiment bien, c'est le WhatsApp marketing connecté à Klaviyo.
L'intérêt par rapport au SMS classique. D'abord les ROI que j'observe sont beaucoup plus élevés, j'ai vu des campagnes monter jusqu'à des ROI autour de 30 (ça varie selon la base, faut pas le prendre comme une garantie). Ensuite t'as pas de limite de caractères comme sur le SMS, tu peux mettre des images, des boutons, et surtout ouvrir une vraie discussion avec le client. C'est beaucoup plus engageant qu'un SMS sec.
Tu peux faire du multicanal propre. Tu envoies ta campagne par email d'abord, et pour ceux qui n'ouvrent pas, tu relances en WhatsApp quelques jours après. Le même message, un autre canal. Sur une base retail c'est redoutable parce que les gens consultent WhatsApp dix fois par jour.
Côté coût, faut le savoir, le WhatsApp c'est prix de l'outil plus prix d'envoi. C'est pas gratuit comme un email. Donc tu le réserves aux campagnes où ça vaut le coup, typiquement la réactivation d'un segment à forte valeur, pas pour balancer à toute la base.
Connecter le catalogue pour transformer le trafic en ventes
Dernier point, souvent oublié par les commerçants physiques qui se lancent en ligne. Connecte ton catalogue Shopify à Instagram. Sans ça, tes publications restent de jolies photos sur lesquelles personne ne peut cliquer pour acheter.
En eCommerce, le client clique sur une photo avant de voir un produit. Si la photo accroche, le reste suit. Si ta photo Instagram renvoie directement vers la page produit, tu transformes ta vitrine sociale en canal de vente. Et ça nourrit aussi ta base Klaviyo, parce que le trafic que tu ramènes sur le site, tu peux le capter et le réengager derrière.
Pour info, 95% des marques qu'on accompagne tournent sur la stack Klaviyo plus Shopify. C'est pas un hasard, l'intégration entre les deux est propre et ça te permet de faire exactement ce genre de choses sans bricoler.
Par quoi commencer, concrètement
La seule chose à retenir : démarre léger et segmente sur l'achat réel. La promo, tu la sors seulement pour les clients froids. Le reste viendra quand ces flows-là tourneront.
Empile pas les flows pour frimer. Vise trois ou quatre mécaniques simples qui ramènent du monde en magasin et sur le site, point. Si tu veux voir comment on structure ça chez nos clients mode, c'est tout l'objet de notre offre rétention.
Questions fréquentes
À partir de quand considérer qu'un client magasin est inactif ?
Ça dépend de ton cycle d'achat réel. Calcule le délai moyen entre deux achats dans tes propres données. En prêt-à-porter je commence souvent à relancer vers 6 mois sans achat, et je considère le client comme vraiment froid vers 12 mois.
Faut-il obligatoirement une promo pour faire revenir un client ?
Non. Pour beaucoup de clients, un rappel produit pertinent (les nouveautés d'une marque qu'ils ont déjà achetée) suffit. Tu gardes la remise pour les vraiment froids, ceux qui n'ont rien acheté depuis un an. Sinon tu brûles de la marge pour rien.
Combien de flows monter au départ avec Klaviyo ?
4 ou 5, pas plus. Bienvenue, post-achat, panier abandonné si tu as du eCom, réactivation. Tu les fais tourner correctement avant d'en rajouter. L'erreur classique c'est de vouloir tout faire d'un coup et de rien faire bien.
WhatsApp ou SMS pour relancer une base retail ?
WhatsApp, quand ta base est forte en téléphones. Pas de limite de caractères, images, boutons, vraie discussion possible, et des ROI bien plus élevés que le SMS (j'ai vu jusqu'à ~30 selon la base). Le coût c'est prix de l'outil plus prix d'envoi, donc tu le réserves aux segments à forte valeur.
Combien coûte Klaviyo pour une boutique qui démarre ?
Le prix dépend surtout de la taille de ta base de contacts. Plus elle grossit, plus le plan monte. Sur une grosse base retail, autant prévoir un plan solide dès le début plutôt que de se faire surprendre.
À propos de l’auteur

Axel CortonFondateurLinkedIn
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